22.02.2009

Péguy Péguy par-ci...

Eh oui brave gens, j'ai publié au Bord de l'Eau "Pourquoi ont-ils tué Péguy ?" Alors, je vous envoie cette petite piqûre d'incitation. Parce que le service de presse n'a pas été très efficace... Bonne lecture !

Je ne veux pas qu'on me défende. Je n'ai pas besoin d'être défendu. Je ne suis accusé de rien.
“Je ne redoute rien tant que ceci : qu'on me défende.”

Charles Péguy, Notre Jeunesse

...Et cependant voici cent ans et plus que l'on défend, que l'on pourfend Péguy, tiré, tiraillé, annexé, à gauche, à droite, depuis sa vie, depuis sa mort le 5 septembre 1914 ; cent ans et plus qu'il s'enfonce bon nombre de portes ouvertes. La chose est entendue. Les portes ouvertes sont celles qui ont les plus solides chambranles. Défendons Péguy. Et attaquons Péguy ; pour la bonne mesure. Indéfendable. Trop de partisans prônent le seul Péguy saint, le Péguy de sacristie tout enfumé d'encens. Trop d'opposants font de lui le chaînon manquant de Maurras à Hitler. Carrément. Ni l'un ni l'autre ni entre les deux.
Je m'enthousiasme, ou j'enrage : c'est de moi qu'il s'agit, puis ce n'est plus de moi. Péguy me parle. Puis il s'éloigne. Je ne le comprends plus. Il me revient, en pleine face. Je ne détiens pas de clef, je ne déroule aucun arcane, je confronte, j'invite à lire, j'aère peut-être. Au sein d'une immense clarté je lève ma torche, hasardeuse, fumeuse - superflue. J'ignore où mèneront les détours du labyrinthe...

X

Préliminaire
Nous lierons parfois ici, moins arbitrairement qu'il n'y paraît, le destin de Charles Péguy, écrivain, poète, catholique, socialiste, né en 1873, mort au Champ d'Honneur ; et celui de mon père, Noubrozi, Roland, Raymond, Arsène, instituteur de campagne, Hussard Noir de la République, ni écrivain, ni poète, mort athée dans son fauteuil, le 26 août 1990.

Portrait 1
Dans un livre j'ai rencontré un jeune homme de quinze ans, qui [ne] me ressemblait [pas] comme un frère ; pâle, émacié, face large, tendue, stupide ; des oreilles en anses de soupière, qu'il suffirait de saisir pour que la tête, lourde, hydrocéphale, débordât : celle de Charles P., livré à l’objectif en 1888, l'année du bon général Boulanger. La photo de l'adolescent montre ce regard aiguisé, sans sursis jusqu'à ce que l'adulte, ce détenteur de la vérité ! baisse les yeux. A la fin de sa vie à 40 ans tout juste (manœuvres de 1913), Péguy, sur un autre cliché, est devenu lieutenant, barbe rousse et jambes croisées, face au soleil, sur une chaise - objet singulier que cette chaise pour le fils et petit-fils des rempailleuses d'Orléans, les quatre pieds sur le sol, à même la terre de France à défendre.

Commentaires

J'attends toujours la réponse à la calomnie de Max Gallo, selon laquelle Péguy se serait exclamé : "Au moment de la déclaration de guerre, juste après les avis de mobilisation, c'est Jaurès qu'il faudra coller au mur." Sources ? Documents ? Preuves ? Môssieu Max Gallo est bien trop occupé pour me répondre, à moi croquant...

Ecrit par : gargotier | 25.02.2009

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