17.01.2009
Après Camus, Molière... Ca va ? Vous n'en avez pas marre ?
Molière mythique. Molière n’ayant jamais vraiment existé. Comme on le dit de Shakespeare : un consortium d’auteurs bidons sous la signature apocryphe Molière. En tout cas transparent, autant de goût que l’eau du robinet : trop étudié, trop français, l’air que l’on respire. Thèmes éculés, morale à la papa. Malgré ce qu’on lit dans les manuels de formatage à usage potachier. De plus, ici mesuré à l’aune de ce qui peut se trouver de plus sec : les philosophies de Descartes, Gassendi, que sais-je… Descartes déjà m’avait exaspéré, par sa prétention de tout retenir dans ses filets rationalistes. Je pense donc je suis : foutaise ! Ça pense donc ça est.
A travers moi.Je ne puis donc accorder grand intérêt, grande pertinence à quiconque se soucie de savoir ou non l’adhésion progressive au cartésianisme de Molière, ectoplasme dont il faudrait se préoccuper. Elle est, cette adhésion, dans une dernière anecdote très significative – une anecdote, voilà qui me réconcilie. Même si le personnage qui l’a vécue nous semble aussi consistant qu’un fantôme – oui, fais-nous saliver, conteur. Formule d’introduction. Ce que je regretterai toujours est cette fameuse malle qu’on a livrée à Paris depuis Liancourt, à la Bibilothèque de France un dimanche, et qui repartit parce que personne ne voulait ouvrir la porte ; puis on ne revit jamais la malle. Trop stupide pour être vrai, rapportait le narrateur. Trop stupide pour être faux, dirais-je. C’est ainsi qu’auraient disparu tous les brouillons de Molière. Habitants de Liancourt (Oise), fouillez vos greniers ! Quelle joie ce serait, quel épaississement du personnage enfin ! Pourquoi m’a-t-il toujours été impossible d’éprouver le moindre sentiment pour Molière ? Cela me rappelle cette nonagénaire qui radotait à son repas d’anniversaire : « C’est curieux, je ne suis jamais arrivée à digérer le homard… » - mais tout le monde s’en fout, la vieille…Le sommeil de la raison engendre des monstres, disait Goya. Le droit chemin m’emmerde. Il ne laisse aucune échappatoire. Avec les dingues, les zinzins, le sujet peut toujours fuir dans les délires. Quelle inépuisable richesse !
Je peux être Dieu ! Tandis que la raison nous ramène toujours au plus pur désespoir : tu es responsable, tu devras toujours lutter, les pieds sur terre, et tu devras te rendre des comptes à toi-même, et pour finir pourrir dans une petite boîte sous la terre. Je comprends donc tous les fanatismes, les crises, les meurtres de masse et tout ce qui hurle en nous. L’archevêque de Paris intervient et invite à la prudence les théologiens – voilà-t-il pas que Monseigneur ne se laisse pas aller à la haine irrationnelle ! A qui se fier ! un ecclésiastique ne rêvant pas de sang ni de bûcher ! parce que la haine ou le simple conflit, à la longue, ça fait mal, ça détruit.
Le recours à la raison, le recours à la folie, débouchent tous deux par des voies différentes au désespoir et à la mort. Me voilà beau. Quel itinéraire ! ...Je m’en fous. Depuis mon bureau de Latresne, je m’en fous superlativement. Ajouterais-je que c’est l’endroit au monde d’où je puis le plus m’en foutre, me foutre de tout. Déconneur déconnecté de tout. Boileau et Bernier – qui est celui-là ? – ont pourtant déjà lancé leur Arrêt burlesque, qui interdit au sang de circuler. Haha keskizétékon alépok – ce n’est pas du hongrois. « Ne même pas savoir que le sang circulait ! Facile en 2007 de ricaner sarcastiquement. De nos jours, cela équivaudrait à l’affirmation d’une absence de nocivité de l’amiante par exemple ? Même pas.
En 1672, un écrit de Boileau et Bernier attire l’attention de l’Archevêque. J’ai bien dit un seul écrit. De nos jours, avec ce grouillement d’hommes infectant la surface de la terre, cent mille articles eussent-ils paru au milieu de cent mille autres, que rien de rien ne bougerait, à moins que ce ne soit illico englouti dans les marécages de la pub ou de quelque tourbillon dit médiatique. Je hais la raison, je hais la vérité. L’amiante, par exemple : je léchais l’extérieur de la yaourtière à maman, à onze ans. Pas le moindre symptôme de maladie ou de dégénérescence. Et maintenant chacun de défloquer, de se soucier, d’enterrer ses morts…
Il faudrait reconstituer toute l’épaisseur du monde de ce temps-là. Molière était, paraît-il, prêt à écrire une comédie – j’attends notre Molière. Il écrirait des férocités contre les femmes, dont la libération sexuelle a mené à une absence quasi totale de rapports amoureux, vu la faiblesse d’organes de nos femelles anémiées occidentales ; contre les islamistes, dont le seul but est de tuer après torture. Nous les attendons, ces comédies. Nous l’attendons, ce martyr qu’on écartèlerait dans l’eau bouillante. Molière eut ce genre d’audaces. Et moi qui le jugeais inconsistant… Toujours ce déchirement entre ce que je sais / ce que je sens…
Sacré bouffon. Il y en aurait des idées à creuser ! Le ridicule féminisme, l’odieux islamisme et l’impossible écologisme ! Qui creuserait tout cela sur scène se ferait incendier, jeter aux gémonies du fascisme – voire de la pédophilie… D'un autre côté, j''entendais Michel Bouquet s'extasier sur la réplique de l'Avare : Ils me regardent tous et se mettent à rire. Puis-je lui faire observer, respectueusement, que ce procédé se trouve également chez Plaute, que Molière a outrageusement pompé, comme il en a pompé tant d'autres. Il n'y a pas réellement d'originalité chez Molière. Tel n'était d'ailleurs le propos d'aucun auteur. Il fallait reprendre les recettes les plus éprouvées, les coudre bout à bout, et signer, à la rigueur, tout cela. Je ne vois chez Molière qu'un artisan consciencieux, ayant fait flèche de tout bois, et servi par des circonstances particulières, dont la protection du Roi ne fut pas la moindre. Mais ses vers ne sont qu'une laborieuse bouillie, comparés aux virtuosités inégalées d'un La Fontaine...
10:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Confidence d'un prof de français : Molière m'a toujours fait CHIER...
Ecrit par : kohnlili | 23.01.2009
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