25.11.2008
Ménage, vaisselle et compagnie.
Quand je rentre le soir, le lit bâille sur ses taches obscènes – les oreillers froissés en plein milieu ; la poubelle, j'ai dû la rentrer moi-même en descendant de ma Poubelle-Opel ; le p'tit-dej est resté intact sur la table avec les fonds de bol au thé froid, les pots de conf tout ouverts grouillants de mouche (c'est l'été) plus les miettes soigneusement positionnées sur la nappe en ordre alphabétique. Ma femme est au lit, elle se repose de ses coups de téléphone. Quant au chat, il miaule comme un dératé à côté de sa merde à côté de sa litière qui déborde et réclame sa pâtée (le chat) pour pouvoir en rechier une truelle...Vous avez compris : mon épouse est une Phéministe. Il paraît – il paraît – que les hommes à présent font un peu plus le ménage – 10 % au lieu de 5 % - eh, le double, tout de même ! Et femmes de concéder – les hommes cons, ça fait longtemps qu'ils ont cédé - “Oui c'est vrai, ils en font ; plutôt mal, mais enfin, un peu.” On le fait mâle ?
Mais enfin, Mesdames, qui est-ce qui vous force à tout frotter-briquer-récurer impec-nickel dans votre appartement de mes deux ? Est-il si indispensable d'astiquer la chambre une demi-heure chaque matin, d'aspirer la moquette six fois par semaine plus le dimanche à l'heure de Télé-Foot ? (à donf, l'aspirateur...) A chaque mauvaise fois qu'on veut “aider”, on se fait jeter : “Non ça tu laisses j'ai l'habitude toi tu vas tout saloper”- OK, OK ! Mais ne vous plaignez pas ! » ...et une fois que vous avez fini tout ça, et que votre femme s'est bien recouchée jusqu'à midi, vous vous apercevez que ça fait bien deux heures que vous êtes en train de courir, entre la toilette, la vaisselle et le petit-dèj, et franchement, deux heures de corvées non-stop dès le lever ça vous met dans une pêche d'enfer et une envie exaltante d'envoyer votre poing dans la gueule à tout ce qui bouge - ou qui ne bouge pas, d'ailleurs.
Comme me disait un pote à moi : « Mais enfin, quand tu rentres du boulot, et qu'il te reste mettons vingt minutes avant de manger, tu pourrais - je ne sais pas moi, faire un peu de ménage, un peu de rangement ? Ça ne te prendrait pas grand-chose, et ça ne te ferait pas plaisir d'avoir autour de toi une maison, un intérieur bien propres, bien ordonnés ? - Excuse moi not'Glaude, mais ces vingt minutes-là, c'est le seul moment que j'aie dans la journée pour écrire. » Ah pour le coup ça lui a tout coupé à not' plouc. Il ne s'y attendait pas, à celle-là : écrire ! Je te demande un peu ! Pourquoi pas lire, tant qu'on y est ? Parce que « ces gens-là », ceux qui «font le ménage », ça ne leur vient pas à l'idée qu'on puisse écrire ou lire ou faire quoi que ce soit d'autre que le ménage ou la télé. Ça les dépasse. Ça n'est pas de leur monde. Ça ne fait pas partie de leur paysage. Ils ne voient même pas de quoi il peut bien être question.
Seul un vague souvenir, un vague respect résiduel, les empêche de vous éclater de rire à la gueule (« qu'est-ce que c'est que ces conneries ? »). Et ceux qui lisent, qui écrivent, qui peignent, les vivants, quoi, ils t'assènent parfois: « Mais regarde, MOI, j'y arrive, à lire, à écrire, à jouer du piano, et pourtant tout est bien rangé chez moi, ce n'est pas le bordel comme chez toi. » Ben jene sais pas comment ils font. A vrai dire je ne sais même pas comment ils font pour conserver leur puissance créatrice, leur sincérité, leur AME. Parce que vou ssavez, on peu ttrè sbien consacrer toute sa vie au Ménage, à la Sécurité sociale, aux Procès, au Torchage de Mômes, on trouvera toujours quelque chose à faire 18 heures par jour, quitte à se relever la nuit pour en refaire. Après c'est la grande litanie : « j'ai pas le temps j'ai pas le temps »... On se le crée le temps, tas de nazes, mais pour le ménage, alors là vous pouvez courir...
21:35 Publié dans la parano qui galope | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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