18.11.2008
Le gros répertoire à sa mémère
De quoi de quoi ? Les visiteurs sont moins nombreux ? "Bite, couilles, poils !" Comme ça, ils vont revenir ! Et ils liront ce qui suit, chiant comme un tas de mouches :
Faut-il que j'aie du temps à perdre pour commenter à nouveau ce tome interminable du défunt catalogue des revues, où figurent des torchons datant de 98... Cela me fournit pour un temps encore des adresses d'envoi pour mon torchon personnel, « Le Singe vert ». J'en suis à la lette T, « Tychique », imprononçable, religieux, Numéros parus : 136 - tant que ça ? Je lis les caractéristiques économiques, avec le prix en francs, et les avis aux lecteurs. Les rédacteurs, vaillamment, indiquent les publicaitons avec lesquelles ils se sentent en affinités, ainsi que celles envers lesquelles ils éprouvent de l'éloignement. Et ma foi, c'est toujours la même chose : il faut « rompre le consensus », « promouvoir la justice et les jeunes auteurs », « cesser de cautionner les gens en place par la publicité ou le tapage médiatique » - souhaité, soyons francs, souhaité. Lorsqu'on ose s'opposer à d'autres revues, c'es toujours contre « les publicateurs de poésies payées », « les courants d'extrême droite », « les revues cul-pincé qui sont incompréhensibles ».
Toujours cette manie jeune et touchante (mais tête à claques) de s'estimer, soi, du bon côté de la barrière, tandis que de l'autre côté s'entassent les méchants, les venimeux, les corrompus. Après tout je fais la même chose. Sauver les gens de la connerie – pour tomber dans une autre ? Ben oui. Je suis un vrai noyeur de baleine, un enculeur de cachalot, possédant à fond l'art de tout réduire au plus petit commun multiple (ça changera du dénominateur), capable de dégoûter des causes les plus justes en les défraîchissant : « Dans le fond, rien ne vaut la peine et tout s'équivaut », colonialisme, socialisme, christianisme ». Ce qui prouve l'inanité (une de plus) de mes prêches : j'affirme en effet que chacun s'arrête, dans sa recherche de la vérité, à l'étage souterrain qui lui convient du puits : là où l'action est possible, là où l'on peut distinguer le juste de l'injuste, le vrai du faux ; tandis que si 'on descend encore de quelques niveaux (ajouté-je), on aboutit à la mort, au néant, et à tous ces oripeaux qui permettant d'ensevelir tous les concepts sous la poussière.
Finalement ils ont raison, les autres, ceux que je critique, les relativistes : parce qu'ils se cantonnent à un niveau humain, sans racler la poussière au fond du trou sec. Après de beau discours, constatons que la revue « Tychique » (nom d'un disciple, nom de Dieu !) - et dont on n'indiques pas la prononciation : « Tu quiques ? Tu chiques ? » - se déclare d'audience nationale et internationale – sans rapport avec l'hymne du même nom. Il suffit en effet d'avoir un lecteur belge et un collaborateur suisse pour accéder « à l'international » comme disent ces pédants économistes qui refusent de dire, tout bonnement, l'étranger ». Bref, plus que six minutes à écrire mes conneries – je ne possède aucune des caractéristiques de l' « écrivain » ni du « penseur » qui vise à la postérité. La collaboration à Tu Chiques est toujours rémunérée, 600 F la page. Je ne m'en ressens pas pour bêler quelque blala religieux que ce soit.
J'admire ceux qui peuvent écrire sur commande un article de sport, un article politique, une vie de saint, le mode d'emploi d'un vide-sein. C'est à cela que s'exerce à longueur de journées Martin Eden, héros de Jack London. Après cela, il se vante de posséder à fond l'art de la langue, la technique. Moi-Je ne saurais me plier à cela. Je ne veux pas « être écrivain », je veux être regardé, estimé, apprécié. Par l'écriture de préférence, parce que cela confère (conférait...) du prestige. Seulement, je veux le beurre et l'argent du beurre : la renommée, sans la souffrance (j'ai déjà donné), sans l'effort (j'ai déjà donné). Alors on m'envoie chier, je me plains, et pour demeurer dans le scato, j'emmerde le peuple. Je me demande si j'ai de l'humour...
21:51 Publié dans Petites démangeaisons littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Et dire qu'il y en a pour avoir consulté mon blog rien que pour les trois premières lignes... Les gens sont cons... La preuve, j'en fais partie...
Ecrit par : tropin | 25.11.2008
Ecrire un commentaire