10.11.2008
Viva Espa^na, pas moyen de trouver un tilde
PETITES ERRANCES
BURGOS 2050
C'est à Burgos, que j'ai préféré siroter du vin vieux avec des vieux, contre un tonneau debout, plutôt que d'aller m'en jeter un dans le troquet d'à côté avec des Mickeys de vingt berges. Même chose à Sagonte (« Sagunt » en “valencien” : ces langues prétenduments vernaculaires m'ont toujours profondément agacé ; à Bilbao, capitale du Pays Basque, je n'en ai pas entendu un traître mot, bien que tous les panneaux fussent scrupuleusement bilingues) ; jusqu'à Bergerac, en Périgord, qui s'est crue obligée d'y aller de son petit panneau « Brageira », alors que le dernier petit vieux susceptible de jargonner le patois s'est éteint depuis plusieurs dizaines d'an-nées, comme ils disent... A Sagunt, d'où partit Hannibal, je vis donc ce soir-là une immense place envahie par toute une tribu, sortie d'on ne sait où, plus de mille jeunes campés sur leurs deux pieds mains dans les poches de leurs vestons trop clairs et cacardant à qui mieux mieux (le castillan, si noble, si courtois, si empesé, devient, manié en foule, un véritable bruissement de basse-cour, famille des anatidés : autant de canards).
Je l'avais déjà constaté, au grand détriment de mes tympans, au pied de ces affreux immeubles directement empilés sur le sable de plage, d'où s'échappaient par les fenêtres empestées de fritures et de chorizo de véritables bourrasques d'oies en partance ou reprenant des forces sur quelque banc de marée basse ; les immeubles assurément s'apprêtaient à battre des ailes avant de s'enfoncer à-haut dans le ciel bleu. L'industrie du bâtiment là-bas s'envole encore comme en 90 : pesants balcons sur quatre côtés sur douze étages. Mais pou ren revenir à Sagonte, j'ai ce jour-là le tif trop long, la démarche trop souple. J'ai fui cet infini quadrilatère où caquetaient les insolents de tous sexes. Et à Burgos, ils étaient deux seulement, à s'être simplement poussés du coude, puisque je ressemblais exactement à ces mannequins mâles des Soixante-Dix, avec pat' d'eph et crinière dégoulinante – vous suivez là ?
Burgos – Sagonte- la plage – Sagonte- Burgos ; comme dans les récits emboîtés du Quijote. Re-Bergerac à présent. Pas trop perdus ? je vas-et-vient. C'est le thème du Décalé aujourd'hui. A Bergerac (bis) je me suis croisé avec mon double. Un revenant vêtu d'un jean en plein cagnard, mains dans les poches, l'air piteux et le bassin chaloupé. Décalage d'époque. Jumeau. Erreur d'époque. C'était si dingue comme ressemblance que j'ai eu envie de l'inviter mais nous avons baissé les yeux tous les deux pour ne pas s'aborder, parler de nous et finir ensemble au pieu, on ne sait jamais. Avec l'attendrissement. Voilà ce que ça m'inspire, Burgos, où je viens de me prendre un P-V de 60 € pour stationnement interdit... Ils me le feront suivre en France, ces enfoirés. Vive l'Europe.
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Commentaires
Et en plus, un PV à Pampelune, à cause d'une machine de tickets de stationnement au mode d'emploi rigoureusement incompréhensible, que ce soit en espagnol, en.. euh... "français" - et en basque... Celui-là au moins, ils me l'ont annulé - le PV, pas le Basque... Aintza !
Écrit par : arjabert | 14.11.2008
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