31.10.2008

Crise désuète

Les auteurs jouent à la putain qui veut coucher tout en restant vierge ! Mais qu'ils le gardent, leur pucelage ! Qu'ils écrivent des textes sublimes ! Et qu'ils ne viennent pas faire chier le peuple avec leurs prétentions à être vendus ! Voyons bien les choses en face, clairement, cruellement : le métier d'éditeur et le métier d'écrivain n'ont plus rien, mais alors plus rien à voir ensemble. Les uns veulent toucher Dieu, les autres veulent toucher du pognon. C'est rigoureusement incompatible. Quand ça coïncide, c'est vraiment pure coïncidence. Ce que je conseille aux auteurs, tout en sachant bien qu'ils feront ce qu'ils veulent, c'est de faire la grève des envois de manuscrits, personne ne s'en apercevra, pas plus que d'une grève de trois mois des enseignants dans un collège difficile. Les éditeurs pourront fort bien se délecter avec leurs petits copains et leurs petites magouilles, en liaison avec les milieux financiers et leurs conseillers en marketing et merchandising (et merde en scheissing, putain j'allais pas la rater) - tandis que les écrivains me feront le plaisir de s'auto-éditer, de s'auto-promouvoir, et de ne pas demander un centime.

Les pognonneux, d'un côté, les littérateurs, de l'autre. Si au moins, au moins ! dans leur outrecuidance, les éditeurs pouvaient ne serait-ce que se dispenser d'inonder les libraires de leurs envois "d'office", que les pauvres commerçants se voient obligés de payer avant de retourner les invendus... Tant de livres flambant neufs pour alimenter le pilon ! 
Alors qu'il suffirait d'envoyer le catalogue, et d'attendre la commande du libraire ! Ce n'est pas réaliste ? Cela ne tient pas compte de la réalité commerciale, qui doit prendre en compte les millions brassés par les affairistes du livre ? Qu'est-ce que vous voulez que ça me foute ? Est-ce que je suis là pour demander quelque chose de raisonnable ? Je veux, moi, petit, impuissant, que les auteurs publient gratuitement. Que toutes cette répugnante pyramide de fric s'effondre. Quand les éditeurs, ne recevront plus rien, dans un premier temps, croyez-moi, ils seront vachement soulagés.

J'en connais même qui ne veulent même plus figurer dans l'annuaire, tant ils en a plus que marre de recevoir des merdes (je cite) et de se faire insulter par de faux génies vraiment grossiers. Je ne sais même pas si un jour le public ira regarder du côté des petits génies méconnus et méritant de le rester entre parenthèses. On peut toujours le supposer. Mais au moins, il y aura d'un côté le fric qui circule, et de l'autre côté la liberté d'être bons ou mauvais. Publiez-vous, diffusez-vous. Ne demandez jamais un centime à quiconque. Pour cela, mais d'une autre manière, en faisant des sandwiches ou des sandalettes, enrichissez-vous ! Il n'y aura que les riches pour publier, comme d'hab ! et qu'est-ce que ça change ? Tout vaudra mieux que le système actuel, fondé sur une féodalité indigne, où s'entremêlent le copinage et les considérations économiques.

Commentaires

Il paraît même que la littérature ne va pas tarder à disparaître de l'espace public, à l'instar de la poésie... Elle va prendre le maquis... Se réserver à ceux qui la méritent... Et merde àl'éditoriat...

Ecrit par : ducolbacq | 04.11.2008

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