24.07.2008

Dingo

La suite est réjouissante, car le curé Bodo courtise la femme d'Hermann, non sans succès : le prêtre affiche une satisfaction béate.: "Faisons" dit -il "une partie de cartes à trois" Elodie compte les points, sans rien comprendre à leur conversation en basque ou en français. Etranges hommes en vérité que Lamartic, laissé libre, et ce prêtre, étranges complicités. La femme mortifiée retourne s’enfermer chez elle. Quant à Hermann, en son asile (Etché Aïntza)(c’est en avant, en basque) il tombe sous la coupe d'une psychiatre estonienne engagée à l'année.


 Un jour pendant la séance l’Estonienne croise les jambes très haut sous ses yeux. La jupe s'envole mais le mouvement est tel et si imprévisible qu'au lieu de laisser le tissu retomber, il se produit un nouvel envol, comme un orgasme sur un autre. Les femmes paraît-il ne l’obtiennent qu’en se masturbant, quand elles se sentent absolument libres. La psy porte une gaine bleu fluo., et ses yeux prennent un éclat métallique et méchant pour clouer le regard de l’homme. Mais la gaine remonte très haut et redescend très bas si bien que tout viol est inenvisageable. Hermann ressent comme une trahison d’exhiber ainsi ses dessous , le jour où elle annonce son mariage avec un médecin turc.


Et lorsqu'il aperçoit le surlendemain l’enveloppe portant la suscription « Kyria Glanta, psychologue » oubliée sur le bureau (il fixe l’enveloppe et la lit à l’envers) ; Glanta tente en vain de la dissimuler. Hermann lui retire toute confiance car ce n'est pas une vraie psychiatre. Il avait tort. Peu après la psy dit « Vous êtes guéri »., et ils éclatent de rire. Hermann libéré, fait un voyage à Blois, d’où il envoie du château une carte ouverte où chacun peut lire, au verso d’un cygne héraldique percé d'un flèche : "C’est à vous qu’appartient d'interpréter comme il se doit la symbolique de la flèche et de l'oiseau."

Revenu chez lui Hermann démolit à la hache un piano droit qu'on lui a confié. pour les vacances. Il refusa plus tard de s’en souvenir. "A moins" concéda-t-il, "que je n'aie été dans un foutu état ». Les années passent , il devient vendeur ambulant de pâtisseries turques préparées par lui. Sa fille de quatorze ans le rejoignit . Elle tenait tête à son père, au grand amusement des passants, tandis que d'autres à l'écart assistent navrés à la démolition d'un père.

C’était l’époque où les journaux, en août 2000, suivaient heure après heure l'atroce asphyxie des sous-mariniers du Koursk. Hermann se présente encore aux portes de l'asile de fous, rosse le gardien à coups de lattes, mais n’écope que d'une courte peine pour coups et blessures.
 Il faut se résoudre à vivre raisonnablement.

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