17.07.2008
Qui était Sidoine Apolllinaire ?
Sidoine lui-même reste difficile à cerner, sinon sous les traits d'une éponge finalement assez antipathique, banale, malléable, finalement pathétique, voire totalement pitoyable. Je ne parviens pas à voir en lui quelqu'un d'estimable.On dirait Cicéron-le-Mollasson. Je pense qu'il sera l'expression, le symbole de toute mon attitude envers cette Antiquité qui m'a plombé - avant de me fournir ma façon de vivre et de penser même, au point que persone ne peut plus me suivre. Ou que je ne peux plus suivre personne. Je suis fier d'avoir participé à cette civilisation, d'en avoir tiré ma substance, mais heureux qu'elle croule. Ma période préférée – à condition bien sûr de dominants – comme à toute époque - eût été le Ve siècle. Tout était tellement plus simple (illusion d'optique). Nous avons à présent tellement de critères d'appréciation que nous ne savons plus où donner de la tête ; il nous faut nous prononcer sur mille choses à la fois. Eux aussi. Ah bon.
Sidoine était un singe savant dans un aréopage décadent. Sidoine, gendre de l'empereur. J'envoie bien de mes œuvres à Rachida Dati. Je passerais volontiers du côté des puissants, sans état d'âme. Du moins tant qu'il s'agirait de petites bières comme Sarkozy. Je ne pense pas que j'agirais aussi légèrement si le gouvernement solliciteur avait trop de sang sur les mains. Nous ignorons si notre Sidoine s'est montré ébloui par cette promotion. Il ne le semble pas, car il faisait déjà partie de la plus haute noblesse gauloise – je ne peux rien avoir de commun avec ce bouffon friqué. Toute personne ayant tant soit peu gravi quelques échelons que ce soit de la société me semblera toujours haïssable. De même j'ai haï Péguy parce qu'il avait été trop vertueux, trop exemplaire.
Voilà une chose encore, et particulièrement grave, que je ne parviens pas à pardonner à cet Apollinaire-là : d'avoir rabaissé, bafoué son talent, si frelaté soit-il, à des contorsions de curé, d'avoir prêté sa voix à cette religion niaiseuse, capable d'inspirer ces interminables lamentos masochistes et répugnantissimes de saint Augustin. Le christianisme me semble une chape de plomb abattue sur la libre civilisation antique. Tant qu'il n'y a rien de militaire, rien ne semble sérieux. Je dois décrire l'effondrement d'un empire. Je ne puis : Valentinien III, empereur ! poignardant Aétius, son général en chef, de sa propre main ; passage du Danube par les Goths, en pleine fonte des glaces ; des souverains fous, une reine toute-puissante : Gallia Placidia. Je dois évoquer le cadre géographique et historique des cent, voire cinq cents dernières années de Rome ; raconter maintes campagnes malheureuses ; évoquer ce que c'est que Rome ou Ravenne, nouvelle capitale : du raffinement, des ordres donnés par la reine à des semi-barbares, ou des chuchotements sous les voûtes, façon Eisenstein dans Ivan le Terrible.
12:52 Publié dans Petites démangeaisons littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Je n'ai jamais pu saquer cet enfoiré
Ecrit par : prompigny | 24.07.2008
Ecrire un commentaire