30.05.2008

Avec le socialisme, comme avec Dieu, faites-vous bien chier


« Le sentiment remplace donc chez l'homme l'instinct ». Disons : « le ressenti ». Cette phrase vient en conclusion d'un raisonnement chiadé, d'où il appert que nous sommes à la fois nous-mêmes, le monde extérieur, et notre relation au monde extérieur. Il existe donc une solution socialiste par époque et par pays. Chose que les théoriciens secs et sectaires ne sauraient entrevoir, bloqués qu'ils sont par les modèles chinois, russe, etc. Ce Leroux vécut avent les révolutions précédentes, et mourut au temps de George Sand dont il fut l'ami. Les assertions de ce monsieur devraient faire de lui l'un des tout premiers et très grands pré-socialistes français, à l'égal des Saint-Simon et autres Fourier.
Pourtant c'est un pensum que de le lire, parce qu'il a raison ent tout, et qu'il applique son raisonnement à tout ce qui passe, en particulier les psychologues et les physiciens. Bon, il a raison, répandons-le partout, tirons-en les applications politiques pratiques, et passons à autre chose.

Lassitude. Je lis pour avoir un livre de plus de côté, dans ma collection accumulative. Mais je me calomnie. D'après les « Conversations avec Dieu » ou quelque chose d'approchant, je dois immédiatement chasser les pensées autodestructrices et me valoriser, afin de devenir Ce Que Je Suis Vraiment (les majuscules sont dans le texte original). Le pire est que ce livre de grande consommation m'intéresse et me transforme réellement.

Dans ma petite salle de bain, en me passant la serviette entre les cuisses, je me répète : « Je suis positif ! Toute mes erreurs ont été nécessaires afin que je me construisisse et devinsse ce que je suis ! » Et je me remonte. « Et de même que l'instinct se trouvait au début de la vie chez l'animal et au début de tout phénomène de cette vie, » (celle de l'animal), « de même l'innéité intellectuelle et morale, qui n'est autre chose que le sentiment né de la vie antérieure, se trouve au début de la vie de chaque homme et au début de tout phénomène de cette vide » - celle de l'homme. Comme un embryon par rapport au corps développé. C'est logique.

 

... L'égoïsme du péteux, qui se la joue Soljénitsine... En quoi importe-t-il à l'humanité, je me le demande, que j'achève ou non cette rubriquette. "Enfin, de même que l'instinct se retrouvait, comme résultat du phénomène, après toute manifestation de la vie animale" ( la suite de la phrase est aussi prévisible qu'une démonstration mathématique), "de même l'innéité se retrouve, comme résultat du phénomène, après toute manifestation de la vie de l'homme." Voilà Leroux tu l'as bien chié ton théorème. Sacré nom de Dieu, quel effet cela fait-il d'avoir les idées claires ? Comment est-ce qu'on voit le monde ? Comment se fait-il que par-dessus le marché l'on puisse conserver toutes les qualités affectives, tous les sentiments ? Ne pas me repentir surtout, ça esquinte l'entourage. Ne pas se laisser abattre. "De là notre progrès possible pendant cette vie, et la nécessité de nos perfectionner sans cesse." "Delà" était imprimé en un seul mot, car il s'agit d'un fac simile, bourré de fautes d'impression.


J'ai toujours détesté les sciences exactes, car elles réduisent l'homme au néant sans aucun espoir. La religion l'y réduit aussi, mais avec un espoir : cette imbécile de survie. Je ne vois pas de vie dans la chimie, alors que c'est là, justement, qu'elle se trouve. La scientologie réconcilie tout cela en faisant je suppose de Dieu un chimiste suprême. "De quoi donc se nourrit d'abord la vie humaine ?" Monsieur Leroux va me l'apprendre, eh merde... 

Ecrire un commentaire